Est-ce que 1°C de plus peut faire toute la différence?

C’est vrai, tout le monde dit que la terre se réchauffe, mais il continue de faire froid en hiver! Mettez ça dans votre pipe, les écolos! Le réchauffement climatique, c’est juste une invention de la Chine, pour…pour… pourquoi déjà? Ah oui, pour rendre la main d’oeuvre américaine non-compétitive. Ben oui. Complètement logique.

Y disent que y’a un «consensus» scientifique sur le fait que le «réchauffement climatique» existe, et que c’est mon gros pickup qui cause ça. Beh! Si c’était vrai, j’ai l’impression qu’on gèlerait pas encore autant en février et qu’on ne verrait plus de neige en avril, non? Si ça existait le réchauffement, j’aurais pas besoin de foutre le camp jouer au golf à Miami pendant l’hiver.

Problème de perception

Savez-vous c’est quoi le grand problème des changements climatiques? Ils sont ennuyeux, tout simplement. En plus, ils sont lents. Trop habitués de voir des films sensationnalistes comme Armageddon ou 2012, on s’attend à des explosions nucléaires après 54 minutes de build-up émotionnel. Sauf que réchauffer l’océan de 1°C et faire fondre les glaciers, ça fait pas de tsunami. C’est du goutte à goutte. Réchauffer l’océan de 2°C, c’est juste pousser le premier domino.

Il y a vraiment un travail de communication à faire avec les changements climatiques. Trop souvent, quand on en parle, on a l’air d’un bébé gâté qui fait la morale et reste accroché pour un tout petit degré. “Voyons, c’est quoi le problème avec une différence de 1°C ou 2°C?”, qu’on a envie de demander aux écolos en panique.

Les écolos, très calmes en passant, répondent: Une différence de 1°C, c’est tout ce qu’il faut pour que ton café chaud soit tiède et goûte amer. Ton corps à 37°C: tu pètes le feu en allant au travail le matin. Ton corps à 39°C: sueurs froides de fièvre, tu te tortilles dans tes draps, tu vomis toute la journée en te demandant si tu vas mourir. Une différence de 1°C, c’est tout ce qu’il faut à l’eau pour devenir de la glace. Ou pour redevenir liquide. 1 seul degré suffit à déséquilibrer un écosystème fragile, à pousser le premier domino d’une réaction en chaîne qui sera inévitablement difficile à arrêter, jusqu’à ce que les petites gouttes fassent déborder le vase.

Parlant de gouttes…

On l’a bien souligné: nous ne sommes pas dans un film de Michael Bay. Breaking news: votre petit bungalow au confort sans pareil est en danger! Mais non, pas à cause d’une météorite, de soucoupes volantes ou d’un raz-de-marée d’un kilomètre de haut. Le danger vient d’une simple plante, très ennuyeuse en passant.

Connaissez-vous la renouée du Japon? Probablement pas de nom, mais vous l’avez sûrement déjà vue. Cette espèce incroyablement envahissante, semblable au bambou, se propage de façon incontrôlable un peu partout. Elle peut même pousser à travers l’asphalte des routes et défoncer les fondations des maisons. Valeur immobilière si vous avez cette plante sur votre terrain: pas grand chose. Pour les rares personnes qui connaissent la renouée et s’y intéressent de près, le seul soulagement est qu’au Québec, à cause du froid, la plante peut seulement se reproduire par ses racines et non par ses graines, ce qui limite relativement son développement. Oups. J’aurais dû mettre cette phrase au passé, parce qu’une récente étude vient de confirmer que les graines de la renouée du Japon sont maintenant viables, probablement en raison des automnes plus doux causés par le réchauffement climatique. Bref, le monstre est sur le point d’être relâché. Et la renouée du Japon est loin d’être la seule espèce qui, doucement, tapie dans l’ombre, attend que notre écosystème devienne plus accueillant, un dixième de degré à la fois…

L’air de rien, les coûts pour gérer les pestes végétales comme la renouée se chiffrent en milliards. Ce n’est pas juste l’océan qui va déborder. Les factures aussi.

Soyons francs

Mettons quelque chose au clair: tu ne te feras pas bronzer en février dans un pays nordique. Et oublie ton golf en Floride. Miami Beach va être inondée dans quelques années à ce rythme là. On ne peut pas jouer aux héros et changer le monde en 90 minutes comme dans un film; pas de scène mélodramatique, pas de déclaration d’amour devant un énorme tsunami qui arrive. La catastrophe, elle se fait en douceur au compte-gouttes, chaque jour.

Peut-être direz-vous que l’impact que nous avons sur la planète n’est qu’une goutte dans l’océan. Oui, c’est vrai. Mais c’est à nous tous de décider si nos actions seront la goutte de trop.

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