Les véganes sont une secte: récit d’un rescapé (1/3)

J’avais environ 18 ans la première fois que j’en ai entendu parler. Ça avait l’air cool dans le Véganes Magazine. Plein de bouffe colorée, des gens en santé qui marchent dans les champs de blé… Et même qu’en lisant la biographie de Steve Jobs, j’ai appris que lui aussi était végane. Il a quand même eu beaucoup de succès, alors j’ai fait le lien, et j’ai décidé de plonger.

Un piège attirant

Si j’avais su ce qui m’attendait, j’aurais continué à manger du jambon fumé, du steak et des oeufs frits tous les matins. Ils vous font commencer doucement pourtant. «Arrêtez le boeuf, ce sera un bon début». Puis, le porc et le poulet. Puis les poissons et les fruits de mer. Ils vous disent que la vie d’une vache ne vaut pas plus que celle d’un saumon. Peu à peu, ils vous enfoncent dans le crâne des phrases qui ont l’air tellement sensées sur le coup… «Les humains n’ont plus besoin de viande et de produits laitiers pour se nourrir convenablement», «l’agriculture animale intensive pollue plus que tous les transports mondiaux réunis» ou encore «la viande rouge et les charcuteries sont directement liées à divers cancers et maladies cardiaques». Ça a tellement l’air beau, tellement vrai qu’on est remplis d’enthousiasme au début, on veut sauter tête première. Grossière erreur…

Premiers obstacles

Je n’oublierai jamais les premiers mois. Le boeuf avait disparu du frigo. Le poulet frit, parti. Le bacon enrobé de chocolat au lait et trempé dans la crème glacée, aussi. Ce rêve si léger, Cette promesse de nouvelles saveurs fraîches, de fruits exotiques jamais encore goûtés ne semblait finalement n’être qu’un mirage. Le problème commençait finalement à se pointer: on ne peut pas être seulement végane! Il faut aussi être Sans Gluten et manger bio pour pouvoir monter dans les grades de l’organisation. Et vous savez le prix d’une pomme biologique par rapport à celui d’une pomme avec pesticides et enrobée de cire pour la conservation? C’est 11¢ de plus par 100 grammes! Directement dans les poches des Hauts-Prêtres de la secte végane! 60$ par année de cotisation, juste pour des pommes!

Et sans arrêt, je me faisais violence pour ne pas courir au Poulet Frit Kentucky, je me retenais si fort d’éviter de m’enfiler 6 Big Macs, je me serais senti si vivifié après!

J’essayais de me convaincre que la «nourriture» végane goûtait quelque chose. J’en ai mangé du tofu sur mes toasts le matin…Ça goûte rien! Et ne me parlez pas des pois chiches! Après cinq boîtes de conserves, j’ai dû me rendre à l’évidence: Ça non plus ça ne goûte rien! J’en ai parlé aux autres membres. Ils m’ont conseillé des livres. Des dizaines de livres. Tous plus hors-de-prix les uns que les autres: 12,23$, 20,78$ et ça continue en montant… C’est là que je me suis rendu compte dans quel merdier je m’étais mis les pieds. Mais beaucoup trop tard. Devant l’énorme pression et les jugements silencieux mais sous-entendus de mes compagnons, j’ai du céder. J’ai essayé, et essayé mille fois de réussir leurs recettes, mais elles était toutes trop compliquées, avec des ingrédients au nom étrange et introuvables, qui plus est: Levure alimentaire, tempeh, aquafaba, agar-agar, fumée liquide! What the fuck is that?

Descente aux abysses

Un jour, j’ai décidé de remplacer le sirop d’érable dans une recette par du sucre. Mais malheureusement pour moi, le sucre n’est pas végane apparemment, on utilise du charbon d’os de vaches pour le filtrer. J’ai reçu la pénitence des damnés. J’ai du défiler devant tous les membres de la communauté avec le collier de la honte autour du cou (fait de cubes de boeuf en putréfaction). On me criait des insultes. «CARNISTE! SANS COEUR! OMNIVORE!» On me fouettait avec des ceintures de cuir végane.

Et après, comme un mari violent qui veut se faire pardonner, quelques-uns de mes compagnons véganes m’ont serré dans leurs bras et ont voulu me remonter le moral: «Tu vas voir, les premiers mois sont difficiles, mais penses aux animaux qui souffrent dans les cages et les abattoirs, ils souffrent plus que toi. Tes rages vont disparaître bientôt!»

Je croyais avoir touché le fond du baril.

Mais ce n’était que le début de la descente dans l’enfer du véganisme.

À SUIVRE

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