La mono-culture: une démarche qui n’a jamais fonctionné

Qu’on se le dise, la mono-culture sous toutes ses formes est à oublier. Dans notre contexte actuel, celle-ci prend sa forme sous l’agriculture, l’économie et bien sûr la culture générale elle-même.

Quand je parle de mono-culture, j’entends qu’une société puisse trouver une satisfaction et un rendement en mettant tous ses œufs dans le même panier. Pourtant, on apprend en nutrition qu’il faut diversifier son alimentation, on apprend en économie qu’il faut diversifier son portefeuille et on apprend à l’école qu’il faut diversifier ses sources pour ne pas toujours se fier à Wikipédia!

 

Des champs à perte de vue: ça ne fonctionne pas.

Diversifier son alimentation, ça ne s’arrête pas seulement dans l’assiette. Il faut aussi diversifier en quoi le sol s’alimente. La nature étant ce qu’elle est, il ne sert à rien de la fractionner et de la limiter dans son épanouissement. Lorsque l’on détruit un écosystème, on empêche la synergie naturelle des plantes entres elles. Soyons clairs: l’agriculture intensive moderne n’est pas aussi productive que ça à long terme, car elle épuise les sols jusqu’à ce qu’ils soient inutilisables. Faute de quoi il faut utiliser des pesticides et OGMs pour arriver à un résultat qui permet de nourrir une population entière. Même si les OGM ne sont pas totalement néfastes, la solution serait beaucoup plus simple si on laissait la biodiversité faire ce qu’elle fait depuis des milliers d’années.

Je ne dis pas qu’il faut oublier l’agriculture moderne, de tout changer et aller se nourrir de petits fruits dans les bois, quand même! En ce sens, la forêt habite une flore incommensurable où la majorité des espèces végétales sont inter-dépendantes. À l’heure actuelle, on se rend compte que de faire pousser du trèfle au lieu du gazon aide à réguler l’azote du sol et attire les pollinisateurs comme les abeilles (source). On n’a même plus besoin de tondre la pelouse en plus! Il faut revoir l’agriculture intensive pour des modèles qui se rapprochent de ceux de la nature; on parle même aujourd’hui de permaculture, c’est-à-dire une agriculture qui peut être permanente (peut-être pas au Québec, en tout cas!) tout en laissant la biodiversité faire son travail.

La mono-culture monétaire: ça ne fonctionne pas.

En fait, si, ça fonctionne techniquement! On arrive sans trop de misère à vivre avec une seule devise et tous nos achats sont faits ainsi. Mais qu’arrive-t-il lorsqu’une récession économique survient et que la valeur de notre argent est continuellement en baisse? On essaie de s’en départir, ou du moins, on espère que l’économie reprenne et que la main invisible nous fasse sortir la tête hors de l’eau. Pourtant, ça n’arrive pas toujours comme on l’aurait souhaité. Les impacts de la crise économique de 2008 se font encore ressentir aujourd’hui.

Pour contrer les effets d’une économie mondiale, les gens se tournent de plus en plus vers l’économie locale et l’artisanat local, car ils sont vitaux pour l’ensemble d’une société et ils permettent de faire travailler les gens d’ici. Mais le mondial et le local ne sont pas en opposition directe, car les deux sont nécessaires au bon fonctionnement de notre société: On pourrait qu’ils sont complémentaires.

Au niveau de la devise, c’est la même chose. Le marché local a besoin d’une monnaie locale, non pas pour remplacer celle du pays, mais pour être complémentaire à celle-ci. En Europe, les monnaies locales ont déjà fait leurs preuves. Au Québec, ce genre de système est encore nouveau, mais les initiatives commencent à germer. L’exemple le plus concret ici pour l’instant se situe en Gaspésie: On coupe un billet de 20$ en deux. Hein? Mais pourquoi??

« Le commerçant qui l’accepte me fait une promesse : celle d’acheter local. C’est une économie parallèle, comme un pari qu’on fait pour notre économie. Il faut être au courant pour l’utiliser, ce qui crée un réseau étanche. C’est une façon de consolider notre argent à nous, ici. »

Michelle Secours, commerçante de Caplan qui accepte le demi

Le but final de la monnaie locale, c’est de s’assurer que les efforts au travail ne se fasse pas exporter dans les coffres au trésor des grandes corporations. Si une monnaie locale peut avoir une valeur au Québec, elle peut aussi n’avoir aucune valeur en dehors du Québec, ce qui force l’achat local et la santé des petits commerçants.

Dans le cas de la Gaspésie, le dollar canadien reste en Gaspésie. Le seul problème, c’est qu’ils devraient remédier en créant leur propre monnaie et non en détruisant une devise existante. Le but final, c’est d’être complémentaire, comme les végétaux entre eux.

 

Se cultiver à partir d’une seule source: ça ne fonctionne pas.

Ces gens-là, vous les voyez sur les réseaux sociaux ou dans les partys de famille, quand ils décident de s’emporter un peu trop. Ce sont souvent les mêmes qui sont allés à «L’école de la vie», cette fameuse école où la grammaire n’est pas toujours enseignée. Ils sont convaincus que leurs convictions sont les seules qui méritent d’être entendues. Ce sont bien les premiers à crier haut et fort «je suis Charlie» mais à insulter quelqu’un lorsqu’il ne pense pas comme eux. Ça, c’est la caricature du réel problème qui nous rattrape. Ce personnage existe bien quelque part sous forme de «matante» ou de «mononcle» au Québec, ou encore en « tonton » ou « tatie » en France.

Mais le réel problème, c’est de devoir admettre que nous sommes réellement rendus à l’ère de la post-vérité. Lorsqu’une personne décide de ne s’intéresser qu’à une seule source journalistique, qu’à ne parler qu’à des gens qui pensent pareil comme elle, celle-ci se renferme dans une sorte de mono-culture: la pensée unique.

Cette pensée unique existe autant chez les droitistes que chez les gauchistes, mais elle semble davantage amplifiée aux États-Unis, là où les médias sont rarement capables d’impartialité. Pendant les élection américaines, on l’a bien vu; le juste milieu n’existait pas. Soit on était pour Trump et Hillary était une vipère qui ment, soit on était pour Hillary et Trump était un mysogyne raciste. Pourtant, chaque côté a encore aujourd’hui son lot de mensonges et son manque d’ouverture envers l’autre.

Il suffit de regarder ce que chaque partisan pouvait y lire dans son fil d’actualité. Assez fou ce que ça fait, la partisanerie, non?

Le symptôme à la pensée unique est pourtant évident: c’est la paresse. C’est beaucoup plus facile de se réfugier dans ses idées préconçues que d’affronter la réalité et de débattre sur un sujet de façon rationnelle, sans passer aux insultes. C’est beaucoup plus facile de s’informer des gros titres dans notre fil d’actualité et de les partager lorsqu’ils s’accordent avec notre vérité. Et si la mono-culture de l’esprit persiste ainsi, la science deviendra-t-elle un simple «point de vue» parce que certains soi-disant «experts» ne sont pas d’accord?

 

En conclusion

S’il y a bien une chose qui bénéficie à la société en général, c’est qu’elle soit composée de plusieurs choses! Le monde n’est pas conçu pour fonctionner selon un modèle homogène. Ça n’a jamais vraiment marché, et ça ne marchera jamais.

La mono-culture est morte. Vive la pluriculture!

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